En effet, depuis quelques temps, la presse arabophone, bras "médiatique" du système, alimentant à l'encre de la haine et de l'intolérance ses pages indigestes, a trouvé une cible idéale pour soulager ses penchants scatologiques : la tolérance religieuse des kabyles.
Ainsi, nos journaleux arabisants s"inquiètent d'une supposée percée du christianisme dans les montagnes kabyles au détriment de la religion de Mahomet... Il est vrai que s'écarter de la pensée officielle en Algérie, à fortiori de la religion officielle, est un exercice périlleux. Les soldats de la pensée unique craignent plus que tout l'avènement d'une société pluraliste, diverse, libre et ouverte, qui remettrait en cause leur dogme et ébranlerait l'édifice sur mesure qui leur a été édifié.
Les vrais symboles de cette aspiration à la liberté que sont les militants de la cause démocratique, quel que soit leur bord politique sont traqués par une police souvent plus proche d'une milice que d'une force de protection des citoyens...
Nous rendons hommage à tous ceux, journalistes, artistes, citoyens, morts pour avoir voulu vivre libres. Ces fameux convertis, usant de leur liberté de conscience, ne sont-ils pas, compte tenu de leur isolement, à protéger au nom de la tolérance et de la laïcité ? Les soumettre à la vindicte du peuple musulman d'Algérie n'est-il pas un appel au meurtre ? Une "fatwa" par procuration ?
Nous invitons les flics de la pensée unique, émetteurs de fatwas, qui sévissent dans les journaux arabophones à "cogiter" sur la question même si c'est peut-être beaucoup leur demander...
L'Algérie actuelle est une prison dont les mâtons sont les tenants de l'identité arabe, les algériens prisonniers d'une propagande scolaire (écoles), religieuse (mosquées) et médiatique (télés, radios et journaux officiels) les confinant dans une ignorance qui est le socle de leur servitude. Ignorance qui s'exprime par le déni du passé, le gâchis du présent et la peur de l'avenir.
Historiquement terre d'hospitalité, la Kabylie ne s'est dotée de prisons que récemment, sous l'impulsion d'un état central ignorant et foulant volontairement aux pieds toutes ses traditions.
La dépersonnalisation de cette région est l'enjeu politique majeur des décennies à venir. En montrant du doigt cette région, les arabistes veulent accélérer ce processus. Les kabyles sont désormais prévenus : l'histoire ne repasse pas deux fois.
Arezki BAKIR (responsable communication MAK-France), Nafa KIRECHE (vice-président du MAK-France).