APRÈS DEUX MILLE ANS DE MÉPRIS,Renaissance berbère au Maroc

APRÈS DEUX MILLE ANS DE MÉPRIS,Renaissance berbère au Maroc
« Les Arabes, dehors ! » Ce cri, à Outerbate, dans le Haut-Atlas, ou dans d'autres régions montagneuses, est devenu de plus en plus fréquent. Dans sa radicalité excessive, il traduit l'effervescence que connaît, partout au Maroc, le mouvement berbère. En seulement quatre mois, la communauté amazigh est engagée sur la voie d'un véritable bouleversement.
Les Berbères revendiquent une présence au Maghreb vieille de cinq mille ans. . Géographiquement, leur communauté s'étend sur près de 5 millions de kilomètres carrés, de la frontière égypto-libyenne à l'Atlantique, et des côtes méditerranéennes au Niger, au Mali et au Burkina (les Touaregs aussi sont des Imazighen - ces « nomades » descendent, comme le mot l'indique, des Numides - et sont les seuls à avoir conservé, à travers les âges, leur écriture, le tifinagh). Quant à l'origine du mot « berbère », elle remonte à la culture gréco-latine, le terme barbarus désignant l'étranger à la cité, celui qui « ne sait pas parler » (ou seulement par des balbutiements, d'où l'onomatopée « bar-bare »), par extension, le « non-civilisé », le « sauvage », la « brute »... Cela explique pourquoi, sans renier totalement ce mot, les Berbères préfèrent le nom qu'ils se donnent dans leur langue, les Imazighen. Guerriers valeureux, réfugiés dans les montagnes lors des invasions aussi bien romaine (cf. la Guerre de Jugurtha, de Salluste) qu'arabe (cf. l'Histoire des Berbères, d'Ibn Khaldoun), ils surent résister avec succès au pouvoir central des sultans marocains et eurent un rôle majeur dans la lutte contre la colonisation française et espagnole . Le protectorat tenta bien de jouer sur leurs spécificités mais ne parvint pas à les rallier. Cependant, cette tentative de « débauchage colonial » bloqua pour longtemps toute revendication berbère, vite assimilée au « parti colonial » et à des visées sécessionnistes
.Par Joël Donnet
Journaliste

# Posté le mercredi 06 février 2008 09:49

Modifié le mercredi 06 février 2008 10:58

LISTE DE PRÉNOMS AMAZIGHS:TIFRXIN • PRÉNOMS FÉMININS

LISTE DE PRÉNOMS AMAZIGHS:TIFRXIN • PRÉNOMS FÉMININS
Bahac
Prénom traditionnel


Damya
Autre prénom supposé de Dihya. Attesté aussi dans le Souss.


Dassin
Célèbre poétesse chez les Touareg.


Dihya
Nom supposé de la Kahina, surnom de la "reine des Aurès" qui lutta contre l'invasion arabe.


Guraya
Nom d'une sainte en Kabylie, qu'ont chantée beaucoup de chanteurs kabyles


Hennu
Prenom traditionnel


Herru
Prénom traditionnel chez les Idaw Tanan (Maroc) (cf. la grande poétesse Herru n Ssi Hêmmu connue par ses satires contre Hassan 1er)


Ijja
Prénom traditionnel


Ijju
Prénom traditionnel


Illi
Ma fille


Ittû
Prénom traditionnel


Izza
Prénom traditionnel


Kella
Nom de la fille de Tin Hinan, reine des Touareg


Kwella
Prénom traditionnel


Lalla
Terme de respect


Lunja
Héroïne d'un conte


Mamma
"Jouet cher". Prénom traditionnel dans le sud-est du Maroc


Mammas
Prénom traditionnel


Markunda
Prénom qu'on trouve chez les Chaouis (cf. la chanteuse Markunda Aurès)


Meghighda
Prénom traditionnel (cf. la poétesse Meghighda n Ayt Âtiq)


Menna
Prénom traditionnel


Siman
Deux âmes (du père et de la mère).


Siniman
Deux âmes (du père et de la mère).


Tadêfi
La douceur


Taderfit
L'affranchissement


Tadla
Le bouquet


Tafalkayt
La belle


Tafsut
Le printemps


Tafukt
Le soleil


Tagafayt
Tiré d'un toponyme


Taghbalut
La source


Tagwerramt
La pieuse, la sainte


Tagwilalt
Forme féminine de Agwilal. Voir ce prénom.


Tagwillult
Tiré d'un toponyme


Tagwizult
La courageuse


Thiyya
Elle est belle


Tajeddigt
La fleur


Takama
Fidèle suivante de Tin Hinan, la reine touareg.


Takensust
Tiré d'un ethnonyme


Taksimt
Tiré d'un ethnonyme


Tala
La fontaine


Tamalut
L'ombrage


Tamanart
La constellation d'Orion ; la guide


Tamaynut
La nouvelle


Tamayyurt
La pleine lune


Tamazight
La Berbère


Tamazzalt
La dévouée


Tamenzut
La première

Tameqrant
L'aînée, la grande


Tamesmûtt
Tiré d'un toponyme


Tamezyant
La cadette, la petite


Tamimt
Le délice


Tamment
Le miel, qui a la douceur du miel


Tamseggint
Tiré d'un toponyme


Tanamart
L'heureuse


Tanazârt
La défiante


Tanebdatt
Le soutien


Tanefzawit
Épouse de Youcef ben Tachafin


Tanirt
L'ange


Tanemghurt
La grande


Tasa
Le foie (siège des émotions), équivalent du c½ur en français


Tasafut
Le flambeau


Tasekkurt
La perdrix


Tatbirt
La colombe


Taweckint
Le bouquet


Tawenza
La frange


Tawzalt
Tiré d'un toponyme


Taylalt
L'oiseau


Tayri
L'amour


Tazêllayt
Le pendentif


Tazenkwêt
La gazelle


Tazerwalt
Celle aux yeux bleus


Tazikit
Tiré d'un toponyme


Tazrurt
La belle


Tazrzît
La fibule


Tecwwa
Elle est belle


Tedus
La forte


Tidar
La vivante


Tidir
La vivante


Tifawt
La lumière


Tilelli
La liberté


Tingh
La nôtre


Tinhinan
"Celle des campements". Reine touarègue qui serait originaire du Tafilalet (Maroc)


Tinifsan
L'épanouie


Tinitran
Celle des étoiles


Tinsin
Celle de deux (les parents)


Tintadêfi
Celle de la douceur


Tintafukt
Celle du soleil


Tintfsut
Celle du printemps


Tintifawin
Celle de la lumière


Tintlelli
Celle de la liberté


Tintziri
Celle du clair de lune


Tinwurgh
La fille d'or


Titrit
L'étoile


Tiwul
Celle du c½ur


Tizemt
La lionne


Tiziri
Clair de lune


Tlafulki
La belle (Elle a de la beauté)


Tlatig
Elle a de la valeur


Tlaten
Elle les possède


Tlayt
Elle les a (les frères)


Tlaytmas
Elle a ses frères


Tsul
Elle est en vie


Tuda
Elle est suffisante


Tudatt
Le mouflon (femelle)


Tudert
La vie


Tufayyur
Plus belle que la lune


Tufitran
Plus belle que les étoiles


Tufitri
Plus belle que l'étoile


Tuftafukt
Celle du soleil


Tuftent
Plus belle qu'elles. La plus belle.


Tuftifawt
Plus belle que la lumière


Tugertent
Plus grande qu'elles. La plus grande.


Tumert
Le bonheur


Tunaruz
Celle de l'espoir. La porteuse d'espoir


Tzeddig
La pure


Tzîl
La sublime


Ultafa
Celle du sommet


Ultasila
Celle de la plaine


# Posté le mercredi 06 février 2008 10:32

Modifié le mercredi 06 février 2008 11:20

LISTE DE PRÉNOMS AMAZIGHS:IFRXAN • PRÉNOMS MASCULINS

LISTE DE PRÉNOMS AMAZIGHS:IFRXAN • PRÉNOMS MASCULINS
Aderfi
L'affranchi


Afalkay
Le beau


Afaw
Le lumineux


Afer
L'africain


Afra
La paix


Afulay
Apulée, écrivain berbère (mort vers 180). Auteur d'un roman en latin intitulé l'Âne d'or.


Agafay
Toponyme. Région du sud marocain connue pour la beauté de ses femmes.


Agerzam
Le guépard


Aghbalu
La source


Aghilas
Le léopard, la panthère


Agizul
Le courageux


Agwectim
Tiré d'un toponyme


Agwilal
Utilisé dans le langage poétique (sud-ouest marocain) pour désigner la beauté.


Agwillul
Tiré d'un ethnonyme


Ajeddig
La fleur


Akensus
Tiré d'un ethnonyme


Aksim
Tiré d'un ethnonyme


Amalu
L'ombre


Amanar
Constellation d'Orion


Amaynu
Le nouveau


Amayyas
Le guépard


Amazigh
L'homme libre (le Berbère)


Amazzal
Le dévoué, l'émissaire


Amenzu
Le premier


Ameqran
L'aîné, le grand


Amesggin
Tiré d'un ethnonyme


Amessan
Le savant


Amestan
Le protecteur, le défenseur


Amezwar
Le leader, le guide, le premier


Amêzyan
Le cadet, le petit


Amnay
Le cavalier


Amzîn
Le cadet, le petit


Anamar
L'heureux


Anaruz
L'espoir


Anazâr
Le défi ou celui qui défie


Anebdad
Le soutien


Angad
Tiré d'un toponyme (région d'Oujda)


Anir
L'ange


Antalas
Chef amazigh (de l'actuelle Tunisie) qui mena une insurrection contre l'empereur byzantin Justinien 1er. Mort au combat en +547.


Areksim
Le caracal (lynx d'Afrique)


Asafar
Le remède


Asafu
Le flambeau


Asfru
Le poème


Aslal
Le miel (de qualité)


Asmun
Le compagnon


Assalas :
Pilier de la maison chez les Kabyles.


Asulil
Le rocher


Atbir
La colombe


Atrar
Le moderne


Awsim
Faon de la gazelle


Awzal
Tiré d'un ethnonyme


Aylal
L'oiseau


Ayrad
Le lion (voir " irat ")


Ayyur
La lune


Azayku
L'ancestral


Azêllay
Le pendentif


Azenkwed
La gazelle (mâle)


Azenzêr
Le rayon de lumière


Azerwal
L'homme aux yeux bleus


Aziki
Tiré d'un ethnonyme


Aznag
Lignée d'Iznagen


Azrur
Le beau


Azûlay
L'homme aux beaux yeux


Badis
Nom porté par plusieurs rois amazighs, notamment Badis " le Hammadite "


Bukkus
Roi de Maurétanie (~110 avant J.-C.), beau-père de Yugerten (Jugurtha)


Gaya
Roi amazigh, mort vers -208. Père de Massinissa. Fils de Zelalsan et frère de Ulzasen.


Gwafa
Le fils du sommet


Gwasila
Le fils de la plaine


Idder
Il vit


Idir
Le vivant


Idus
Il est fort


Igider
L'aigle


Ikken
Prénom traditionnel


Ilatig
Il a de la valeur


Ilayetmas
Il a des frères


Irat
Le lion (voir " ayrad ")


Isul
Il vit


Itri
L'étoile


Izdârasen
Le puissant


Izem
Le lion


Izemrasen
Le puissant


Izîl
Le sublime


Izri
Prénom traditionnel


Masinissa
Ou Massinissa. Version latinisé de Massensen. Roi berbère (202 – 148av j-c)


Massensen
Masinissa.


Massin
Diminutif de Massinissa


Maysar
Ce porteur d'eau devenu le chef de la coalition des tribus Ghomara, Berghwata et Miknasa mena un révolte contre l'autorité arabe (vers 740)


Meddur
Le vivant


Mennad
Prénom traditionnel (signification inconnue)


Merin
Fondateur de la dynastie des Mérinides


Munatas
Soyez réunis autour de lui


Saden
Tribu d'Ayt Saden


Sifaks
Syphax, roi de la Numidie occidentale, vaincu par Massinissa en -203, mort à Rome en -202.


Tacfin
Père du roi berbère almoravide, Youcef ben Tachafin


Takfarinas
Ancien soldat de l'armée romaine, il prend la tête d'une vaste insurrection (17 – 24)


Tanan
Tiré d'un ethnonyme


Udad
Le mouflon



Ugwistan
Saint Augustin, évêque d'Hippone (396), le plus grand des écrivains chrétiens.


Usaden
Tiré d'un toponyme


Usem
L'éclair


Usus
Tiré d'un toponyme


Wimmiden
Celui de tout le monde


Winaruz
Le porteur d'espoir


Winifsan
L'épanoui


Winitran
Celui des étoiles


Winsen
Le leur


Wiwul
Celui du c½ur


Wiwurgh
Fait en or


Yani
Tribu kabyle d'At Yani


Yattuy
Le grand


Yuba
Nom de plusieurs rois berbères


Yufayyur
Plus beau que la lune


Yufitran
Plus beau que les étoiles


Yufitri
Plus beau qu'une étoile


Yuften
Il est mieux qu'eux, le meilleur


Yugerten
Il est plus grand qu'eux, le plus grand. Serait l'origine du nom Jugurtha, roi des Berbères (118 – 105) qui s'opposa aux Romains. Mort en prison à Rome en -104.


Ziri
Le Clair de lune (au masc.)


# Posté le jeudi 07 février 2008 10:48

La Kahena Reine des Amazighs

La Kahena Reine des Amazighs
Son véritable nom reste inconnu. Elle s'appelait peut être Kahena, Kahya, Dihya, Dahya, ou Damya

En effet, son nom fait objet de nombreuses interprétations idéologiques, ainsi le surnom de Kahina, qui signifierait « sorcière», la décrit comme un personnage haïssable par certains historiens musulmans qui ne l'aimaient guère.

Mais le sens n'est probablement pas péjoratif, puisqu'à l'origine, ce terme dérive de l'hébreu “Cahen, Cohen” qui signifie prêtresse et du grec être pure. De même le surnom Damya, signifie « la belle » en tamazigh.

Elle fut souvent appelée Reine Dihya Tadmayt/Tadmut« La belle Reine gazelle ».

La religion de cette amazighe d'origine noble et sans doute descendante d'une vieille lignée des Aurès n'est pas établie de manière sûre.
Était-elle chrétienne ? Animiste ? Judaïsée ou juive ?

Les sources historiques apportent des témoignages bien divergents. Ce qui est certain c'est qu'elle était avant tout amazigh et prête à tout pour défendre son peuple et sa terre.

A la fin du VIIe siècle après J.-C., lorsqu'après plusieurs tentatives infructueuses, les Arabes repartent à l'assaut de l'Afrique du Nord, avec une armée commandée par Hassan Ibn-Noomane, ils se heurtent une nouvelle fois à la résistance berbère. C'est la Reine Kahena qui cette fois est l'âme de cette resistance

À la première bataille, Dihya remporta une victoire sur les troupes d'Ibn Numan à Miskyana, entre Tebessaet Aïn Beïda, dans la région Constantinoise

Une ruse de la Kahena

Dans la vallée de la rivière, déserte et à sec, la Dihya décide d'y dissimuler son armée pendant la nuit, en partie dans la montagne, en partie derrière, sa cavalerie et ses troupeaux de chameaux, pour prendre en embuscade les troupes d'Ibn Numan.

Lorsque les Arabes attaquent, ils sont accueillis par une pluie de flèches tirées entre les jambes des chameaux des Berbères. Les Arabes sont écrasés... Les Berbères les poursuivront jusqu'à Gabès.

La Dihya vient de remporter sa plus prestigieuse victoire, celle de la Meskiana, qu'on appellera « La bataille des chameaux », et parvient à repousser les troupes du Calife jusqu'en Tripolitaine.

Ibn Numan sera à nouveau battu en 695 prés de Tabarqa par la Dihya. pochoirfrise104.jpgIbn

Les envahisseurs se retirent à nouveau en Tripolitaine, mais une fois les renforts arrivés d'Orient, ils passent à l'attaque toujours sous la direction de Ibn Numan (695). Ils portent alors un coup fatal aussi bien à l'armée chrétienne byzantine qu'aux résistants berbères juifs.

. Sachant sa défaite imminente, Dihya fit pratiquer la politique de la terre brûlée en vue de dissuader l'envahisseur de s'approprier les terres. Elle s'aliéna par là une partie de son peuple : Berbères sédentaires citadins, nomades et ceux de la campagne Cependant Carthage, malgré cette politique, est reprise par les troupes arabes.

S'il faut en croire la légende, voyant que les Arabo-musulmans étaient sur le point de non-retour, la Princesse aurait préconisé à ses enfants et à ses fidèles de se ranger du côté des conquérants.La défaite des troupes de Dihya est en partie due à la trahison par Khalid, jeune Arabe que la reine avait épargné après la bataille des chameaux et adopté selon la coutume de l'anaïa (« protection ») en vigueur chez les anciens Berbères.

Faite prisionnière, Dahia fut décapitée, et sa tête apportée au calife..

Dans les Aurès existe un puits; à Baghaï près de Kenchela d'où Dahia est originaire et que l'on appelle “Bir el kahina” (le puit de la Kahina), en souvenir du lieu où elle a été tuée.

Toujours à Baghaï, les habitants désignent certaines ruines anciennes comme étant les ruines “du palais de la Kahina”.

Enfin, certains berbères chaouis des Aurès diront qu'ils ont le “nez de la Kahina” qui était d'une grande beauté mais aurait eu, un peu comme Cleopâtre un nez particulier, mais cette fois non pas long mais doté d'une petite “bosse”.

À la mort de la Kahena de nombreux chefs berbères embrassent la nouvelle foi.

« Notons d'abord ce constat : dans l'Islam importé par les envahisseurs, les chrétiens d'alors voyaient moins une religion nouvelle qu'une hérésie de plus, à l'instar de l'arianisme, du monophysisme ou du donatisme. Un saint Jean Damascène, fonctionnaire chrétien du Califat de Damas et Père de l'Église, ne considérait-il pas la religion des nouveaux maîtres de l'Orient comme une hérésie chrétienne ? On comprend mieux, dans ces conditions, que des chrétiens berbères aient passé à l'Islam, à l'exemple de Qusayla, pour avoir la vie sauve ou conserver quelque avantage. ». (Joseph Cuoq)

Il a fallut aux Arabes pas moins de sept expéditions successives pour consolider leur puissance en Afrique du Nord et soumettre ses habitants.

Après la mort de la Kahena, le nouveau gouverneur de Kairouan, Moussa Ibn Nossayr, nomme un Berbère des Aurès, à peine affranchi, Tariq Ibn Ziyed gouverneur de Tanger.

Et lorsque, à partir du Nord-marocain, Moussa Ibn Nossary se prépare en 709 à envahir l'Espagne , c'est à lui qu' il confie le commandement de l'expédition qui conquerra l'Espagne et le Sud-ouest de la Gaule.

L'expédition commencera en 711 (94 de l'Hégire) et l'islam s'étendra aussi sur les Baléares, la Sardaigne, la Sicile, la Corse et Malte qui passeront sous domination musulmane.).

Si l'Islam s'affirme une fois la conquête achevée, il faut attendre le XIe siècle pour parler d'islamisation totale. L'arabisation a eu elle un processus encore plus lent. Même de nos jours les Berbères luttent contre une arabisation totale et ont exigé un bilinguisme accordé difficilement.

# Posté le jeudi 07 février 2008 11:18

Un bon berbère est un berbère mort !

Un bon berbère est un berbère mort !
Ces Berbères, « qu'ils existent ou qu'ils disparaissent »* Tarik Ibn Zyad est berbère. Une fierté ! Il a conquis la péninsule ibérique après avoir brûlé les bateaux des guerriers pour les empêcher de fuir la bataille. Il s'est même adressé aux Berbères en arabe nucléaire pour les inciter au combat ... Tarik, le chef de guerre naïf, incitait, en fait, ses hommes à mourir dans la langue des autres, pour la religion des autres, pour la gloire et le bonheur des autres. La langue et le bonheur des soldats berbères, Tarik l'avait cloué au pilori de l'islam et de l'arabe.

L'histoire officielle nous a appris que ce « bon berbère » a sacrifié ses hommes pour la grandeur de la religion des Arabes... La suite de l'aventure de ce guerrier est occultée ... L'histoire ne dit pas que Tarek, a été exécuté par les Arabes et sa tête ensanglantée, mise dans un sac, comme celle d'un vulgaire bandit, est apporté au calife des musulmans. Triste sort.

Les Berbères ont malheureusement la fâcheuse habitude de ne pas regarder souvent dans le rétroviseur. Ils l'ont payé cher, très cher. Des milliers de berbères ont sacrifié leur vie, leur langue, leur culture et leurs traditions pour le bonheur de leurs ennemis. Poussé par la haine de soi, le Berbère se suicide, se consume et pousse ses frères au suicide collectif.

Les Berbères existent sans le savoir et sans le vouloir. Certains se cachent pour mieux ressembler à l'autre, parler sa langue et concevoir le monde comme lui. Ils sont « arabes, musulmans » et soumis. D'aucuns se plaisent dans leurs nouveaux habits. D'autres se battent pour s'affirmer.

L'histoire de Tamazgha est vidée des Imazighen. Aux yeux des pouvoirs dictatoriaux en place dans toute Tamazgha, un bon berbère est un berbère mort, pour les causes des autres bien sûr. Ceux qui se sont battus pour la liberté de leur terre sont occultés. Kouceila, le digne fils du pays, est exclu des livres d'histoire, alors qu' Okba, le bandit, le vilain envahisseur, est honoré comme un saint. Tous les saints sont des menteurs.

Les noms des despotes zélés, pédophiles, sanguinaires et barbares et autres illustres inconnus sont donnés aux écoles, aux lycées, aux rues, aux places publiques et aux boulevards. Ils sont considérés comme des idoles par les écoliers. Les enfants de la nation, les vrais, sont devenus les otages d'un grand mensonge fabriqué par l'histoire officielle et l'école. Ils en payent le prix maintenant.

Intégrisme religieux, violence et perte des repères identitaires, telles sont les conséquences de cette amnésie collective qui frappe les pays de Tamazgha.

Pourquoi on ne trouve pas à Tamazgha des boulevards ou des universités portant les noms de « Kouceila », « Said Sifaw », « Zayd-U-Hmad », « Heddu Ouskounti », « Moha U-Hemmu Azayyi », « Yuguerten », « Addi U-Bihi », « Hend U-Merri », « Si Muhand U-Mhand » « Saint Augustin », « Mouloud Mammeri », « Kateb Yacine », « Dihia » ... et autres ? La raison est simple ? Aucun de ces Berbères n'est mort pour la promotion de l'arabe et de l'islam. De très mauvais exemples.

A Tamazgha occidentale, le pouvoir, dans sa course pour récupérer tous les symboles berbères, avance même que Abdelkrim Al Khatabi, le chef de guerre des tribus de Rif, est arabe. Il est même le descendant d'une famille venue directement d'Arabie saoudite. Assou U-Basslam, le chef de guerre des Ait Atta lors de la bataille de Bougafer (1933), n'a pas échappé à cette récupération. D'autres, serviles de naissance, se déclarent volontairement arabes, « cherifs » même. Le dernier en date est le wali de la région la plus pauvre au Maroc, Meknès-Tafilalt. D'autres suivront sûrement.

Le pouvoir a programmé le suicide collectif du Peuple Amazighe avec l'aide de l'islam, de l'arabisation, de lois injustes, de privations et bien sûr des Berbères de service.

Pour la monarchie, un bon berbère est un berbère mort. Les Imazighen veulent vivre et exister. Est-ce un crime de vouloir exister pour vivre ? Je vous réponds tout de suite : NON. Le crime c'est de vouloir sacrifier les autres pour exister. C'est ce que font les gueux qui ont usurpé le pouvoir à Tamazgha.

Lhoussain Azergui

# Posté le jeudi 07 février 2008 11:26